20.06.2026
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Observations de la Coupe du Monde : Contrastes et Points Forts du Tournoi

Spaceship stadiums and Ronaldo-mania: Guardian writers’ first impressions of the World Cup

Arriver dans les paisibles environs de Kansas City offrait un contraste frappant avec la frénésie observée à New York lors des célébrations des finales de la NBA, coïncidant avec le match du Brésil contre le Maroc. Cette Coupe du Monde est marquée par de tels contrastes, de la quête incessante de profit de la FIFA — facturant5 $pour une bouteille d’eau dans le centre de presse — à l’hospitalité sincère des habitants dans des villes comme New York, Kansas City et Dallas. Les matchs de football ont été exaltants, avec des moments mémorables comme le match nul de la République Démocratique du Congo contre le Afonso Portugal, aux côtés de la victoire de l’Angleterre sur la Croatie, établissant un ton palpitant pour la première semaine du tournoi.

Bien qu’il ait fallu presque tout le premier tour, le paysage sportif américain, généralement dominé par d’autres jeux, a déplacé son attention vers le football — excusez-moi, vers le football. Cette transition a parfois été inconfortable, alors que les émissions sportives grand public peinent à gérer le fait que le football devienne le sujet principal, manquant de commentateurs compétents. Cependant, ces douleurs de croissance reflètent une culture en mutation. Le football est désormais diffusé dans les bars et les épiceries, et c’est un sujet de conversation lors des récupérations d’école et des trajets. C’est une belle évolution que beaucoup ont longtemps souhaité aux États-Unis.

Au Texas, la Coupe du Monde incarne à la fois une immense signification et un certain détachement. J’ai vu des fans du Mexique, du Brésil et de la Colombie remplir les bars dans le quartier East Downtown de Houston, et j’ai été assis dans un stade de Dallas entouré de nombreux maillots « Ronaldo 7 ». Pourtant, j’ai également assisté à une convention du Parti républicain avec plus de5 000participants — où le tournoi semblait totalement négligé — et j’ai parlé avec des chauffeurs d’Uber qui étaient blissfulment inconscients de l’événement de football. Je me suis aventuré dans une petite ville à100 milesdes grandes villes, où la Coupe du Monde aurait tout aussi bien pu se dérouler sur une autre planète. Ce vaste pays peut accueillir une Coupe du Monde vibrante, mais il a aussi la capacité de faire en sorte que l’événement passe complètement inaperçu.

Fans watch the match between France and Senegal at Felix, a longtime French establishment in Manhattan

Quelques jours passés dans la tristement célèbre congestion de Los Angeles rappellent l’ampleur de cette Coupe du Monde, car la ville s’étend sur44 milesdu nord au sud, surpassant la distance entre les deux stades les plus éloignés du Qatar il y a quatre ans. En parlant de lieux, le remarquable stade SoFi/Los Angeles, ressemblant à un vaisseau spatial, dispose d’un auvent en forme de goutte d’eau couvrant un million de pieds carrés, conçu par des architectes américains. Bien que les co-organisateurs aient rencontré des défis avant le tournoi, leur capacité à construire des stades de premier ordre est louable.

L’absence de Donald Trump lors de la victoire d’ouverture des États-Unis4-1contre le Paraguay à Los Angeles la semaine dernière a surpris beaucoup de monde, et a probablement ravi la FIFA, qui avait des inquiétudes quant au chaos potentiel que sa présence pourrait engendrer. Trump a maintenu un profil bas tout au long de cette Coupe du Monde, peut-être dissuadé par l’accueil négatif qu’il a reçu en assistant au match 3 des finales de la NBA à New York. Si tel est le cas, les fans des Knicks ont peut-être involontairement aidé la FIFA, bien que Trump devrait apparaître à la finale dans le New Jersey pour remettre le trophée.

Donald Trump at the NBA Finals in Madison Square Garden

Ce n’est pas choquant, mais l’ampleur des États-Unis continue de m’étonner. Les autoroutes s’étendent à l’infini, et les centres-villes de villes comme Tampa, Orlando et Dallas sont principalement en béton avec peu de caractère. Il n’y a pas beaucoup d’opportunités pour se promener. L’immense écran au stade de Dallas est un spectacle visuel, offrant une expérience immersive alors qu’un match de football de premier plan se déroule en dessous. L’un des moments les plus fous ? L’alerte de tornade à Kansas City samedi soir dernier, qui a retenti depuis les haut-parleurs de rue pendant environ une heure — nous poussant à chercher refuge à l’intérieur.

Quant à ma première impression de la Coupe du Monde ? Il est difficile de ne pas ressentir une pointe d’envie envers ceux qui se vantent d’assister à des matchs à l’Azteca. Pas que je sois amer ou quoi que ce soit. J’ai été à Atlanta (et Chattanooga), où la zone de presse au stade offre de la glace gratuite avec des vermicelles, des cookies et des M&Ms. Après le match de l’Afrique du Sud contre la Tchéquie, leur entraîneur, Hugo Broos, a déploré que le lieu ne se sente pas comme un véritable stade de football. Pour moi, il a ciblé le mauvais aspect — c’est en effet un fantastique stade en centre-ville, facilement accessible sans les tracas des lieux éloignés, améliorant considérablement l’atmosphère. De plus, les gens ici sont vraiment merveilleux.

Les attaquants ont été un point fort du tournoi. Le match qui m’a vraiment enthousiasmé a été la victoire écrasante de la Suède contre la Tunisie, mettant en avant le duo dynamique d’Alexander Isak et Viktor Gyökeres. Leur partenariat semblait intemporel, émergeant sur la grande scène avec un impact immédiat. Quelques jours plus tard, nous avons été témoins d’une séquence remarquable mettant en vedette Kylian Mbappé, Erling Haaland et Lionel Messi, suivie par Harry Kane le lendemain. Après des tournois qui ont mis l’accent sur des attaquants créatifs, il est rafraîchissant de voir des buteurs prolifiques faire leur marque (désolé, Cristiano), et j’en profite pleinement.

Le niveau du football international a atteint des sommets sans précédent. Certains pourraient chuchoter que cela justifie l’expansion de la Coupe du Monde à son format actuel. Curaçao a réussi à surprendre l’Allemagne un jour sans, similaire à l’expérience de l’Écosse lors des derniers Euros, mais en général, même les équipes dites inférieures sont bien entraînées, préparées et physiquement impressionnantes. Le Cap-Vert se distingue comme un exemple majeur, tandis qu’Haïti a opposé une vive résistance à l’Écosse, et le match de la Norvège contre l’Irak était plus serré que le score ne le laissait entendre. La force des équipes mal classées est sujette à débat, mais le niveau global a indéniablement augmenté. Aucun match ne peut être pris pour acquis.

Lionel Messi runs away after scoring

À New York, New Jersey et Philadelphie, où j’ai couvert des matchs, il y a un manque perceptible d’ambiance en dehors des stades qui reflète l’esprit de la Coupe du Monde. Le jour où l’Afrique du Sud a affronté la Tchéquie à Atlanta, l’événement majeur pour les New-Yorkais était le défilé de ticker-tape des Knicks, célébrant leur premier titre NBA en53 ans. New York est indéniablement le territoire des Knicks. Cependant, j’ai été étonné de voir qu’Équateur, une nation relativement petite avec18 millionsd’habitants, a réussi à amener plus de60 000supporters au stade de Philadelphie pour leur défaite1-0contre la Côte d’Ivoire. On avait l’impression qu’ils jouaient à domicile.

Suivre cette Coupe du Monde ressemble à essayer de consommer un énorme sandwich délicatement superposé tout en étant bombardé par une équipe de cuisine rapide ajoutant encore plus. Nous nous attendions à des voyages incessants et à la chaleur dans ce vaste pays chaud, et ces éléments se sont certainement avérés vrais. Pourtant, l’expérience a également été écrasante d’autres manières, en particulier en raison de la surcharge sensorielle constante typique de l’expérience américaine. Le nombre de matchs a été vertigineux et incroyablement attrayant. Les stades ont été impressionnants, avec SoFi se distinguant comme le meilleur de sa catégorie au monde. La agréable surprise concernant l’Amérique durant cette Coupe du Monde est qu’elle met en avant le meilleur de la nation, malgré ses défauts. Même une Coupe du Monde de la FIFA largement commercialisée peut mettre en lumière la vitalité de ce melting-pot de cultures immigrées.

Il semble qu’il y avait plus de32 équipes méritantespour cette Coupe du Monde, bien que l’augmentation proposée à48pourrait être excessive. Il n’est pas surprenant que l’idée de la Coupe du Monde soit beaucoup plus agréable lorsqu’il s’agit principalement d’un tournoi de football, sans les pièges du capitalisme. J’essaie encore de comprendre comment maintenir le rythme des matchs et la crédibilité des rencontres à la lumière des pauses fréquentes. Il semble que chaque fois qu’un match prend de la vitesse, un sifflet interrompt le rythme. Le format ne devrait pas évoluer vers un sport à quatre quarts.

Le format de tournoi élargi a dilué les enjeux lors des premiers matchs de groupe, étant donné que la troisième place dans huit des douze groupes progresse vers les tours à élimination directe. De plus, l’incertitude entourant les critères de qualification — quatre points avec une bonne différence de buts suffiront-ils, ou trois points seront-ils suffisants ? — a sapé la pratique traditionnelle de prédire les résultats de la Coupe du Monde. Est-ce un compromis raisonnable si cela mène à moins de matchs sans importance lors de la phase de groupes ? Nous revisiterons cette question dans une semaine.

Le charme du Midwest à Kansas City rappelle que les États-Unis sont plus complexes que ce qui est dépeint dans les médias. Cependant, les conditions climatiques extrêmes posent des défis, avec un samedi dernier apportant une chaleur écrasante et une humidité élevée l’après-midi, suivie d’alertes de tornade le soir. Il est difficile d’éviter la viande ici ; le poulet semble être l’option végétarienne. Les gens s’engagent-ils avec le football ? Les opinions varient. Le premier match de l’USMNT a été diffusé dans le hall de notre hôtel, tandis qu’un groupe d’Américains a choisi de regarder le baseball sur un autre écran, jetant à l’occasion un coup d’œil au score. Cependant, j’ai rencontré un fan de Chelsea lors du match Mexique contre Corée du Sud qui était plutôt bien informé sur le football.

Dans l’ensemble, le football a été palpitant, plus ouvert que je ne l’avais anticipé (bien que nous verrons si cela reste vrai lors des phases à élimination directe), avec des performances remarquables de joueurs et d’équipes de premier plan, ainsi que suffisamment de surprises pour maintenir l’intérêt. En dehors du terrain, l’atmosphère a été chaotique. Parfois, on a l’impression que le Mexique a été légèrement submergé par l’ampleur de la Coupe du Monde, instituant des ordres de travail à domicile pour atténuer le trafic des jours de match, tandis que les installations médiatiques dans les stades ont été désorganisées. La nourriture a été excellente, tandis que le café était médiocre. Le décalage horaire a été difficile à gérer, et le temps a été beaucoup plus humide que prévu.