Fifa a été vivement critiquée pour avoir prétendument créé une « porte ouverte à la fraude » et permis à des pressions politiques de compromettre l’intégrité de la Coupe du Monde, selon une déclaration ferme du secrétaire général du Conseil de l’Europe.
Dans une lettre ouverte publiée à l’occasion du match final dimanche, Alain Berset a appelé à l’établissement d’un cadre d’intégrité avant le tournoi de 2030, qui se déroulera principalement en Europe. Il a averti que Fifa est actuellement en proie à une crise liée à des luttes financières et de pouvoir.
Berset a souligné la controverse entourant la décision de Fifa de lever la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun, tout en faisant allusion aux commentaires de la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla concernant Kylian Mbappé et l’ancien premier ministre espagnol Mariano Rajoy au sujet de l’équipe de France.
« La Coupe du Monde Fifa 2026 a soulevé question après question », a déclaré Berset. « Une sanction suspendue sous pression, en quelques jours, sans raisons données. L’autorité des arbitres remise en question. Des abus racistes envers des joueurs, certains venant d’élus. Des paris sur chaque passe, chaque carte, chaque corner. La célébration se terminera ce soir. Les questions, elles, ne prendront pas fin. »
Cette intervention a un poids significatif, étant donné que Fifa et le Conseil de l’Europe ont établi un protocole d’accord en 2018, qui reste en vigueur. Cet accord visait à renforcer la collaboration sur divers enjeux, notamment les « droits de l’homme, l’intégrité et la bonne gouvernance dans le sport ». La dissension ouverte entre les deux organisations est extrêmement rare.
Berset a critiqué le partenariat de Fifa avec ADI Predictstreet, désigné comme le partenaire officiel du marché des prédictions pour la Coupe du Monde en avril. Il a commenté.
« Les paris sont passés du résultat d’un match à des moments qu’un seul joueur peut produire sans changer le score. Un pari est gagné en faisant perdre les autres. C’est une porte ouverte à la fraude. Et cette Coupe du Monde a ouvert la porte encore plus largement. »
En ce qui concerne la décision de lever l’interdiction de Balogun, qui a suivi un appel du président américain Donald Trump au président de Fifa, Gianni Infantino, Berset a déclaré :
« Lorsque les règles plient sous la pression, chaque résultat est sujet à doute. »

Infantino a maintenu que la décision de lever l’interdiction de Balogun a été prise indépendamment par le comité disciplinaire de Fifa « sur la base des règlements applicables et des faits spécifiques ».
Berset, citoyen suisse, a proposé de commencer un « dialogue de travail qui commence ce soir » pour aborder le « travail urgent de renforcement de l’intégrité du sport » en prévision des futures Coupes du Monde. Il a fait référence aux efforts historiques du Conseil de l’Europe, tels que l’établissement d’un traité contraignant pour garantir la sécurité des fans trois mois après la catastrophe du stade Heysel en 1985, ainsi que la législation ultérieure visant à lutter contre le dopage en athlétisme et la manipulation de matchs.
Cette lettre fait suite à un appel récent de 72 membres du Parlement européen aux 27 associations de football basées dans l’UE, demandant une enquête sur le rôle d’Infantino dans l’affaire Balogun, citant des violations alléguées de la neutralité politique et suggérant que Fifa pourrait avoir violé son propre code d’éthique.
Il semble peu probable que l’UEFA, l’organe dirigeant du football européen, poursuive davantage cette affaire. En juin, 50 membres du Parlement européen ont écrit à Infantino et au conseil de Fifa, demandant une enquête sur l’attribution du prix de la paix de Fifa à Trump.
Fifa a été contactée pour une réponse.
Récemment, il a été rapporté que plus de 200 associations membres de Fifa ont officiellement soutenu la candidature d’Infantino à sa réélection pour un quatrième mandat en mars.