05.07.2026
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L’enthousiasme portugais éclipsé par le parcours de la Coupe du Monde du Canada

Canada co-hosted the World Cup – but whose party was it?

Le Wheatsheaf, le plus ancien bar de Toronto, était en effervescence samedi à l’heure du déjeuner, mais tous les clients ne partageaient pas le même sentiment. Dans un coin, un groupe de fans irlandais de GAA pleurait la défaite malheureuse de Cork face à Galway lors de la demi-finale du All-Ireland Hurling. Vêtus de leur emblématique rouge et blanc, ils fixaient le vide, mais ils avaient tout de même une autre équipe à soutenir.

C’était une situation particulière. Bien que le Canada ait coorganisé le tournoi, sa position lors de la phase de groupes l’obligeait à affronter le Maroc à Houston, Texas. Néanmoins, le bar était inondé de rouge et de blanc alors que les fans canadiens se rassemblaient pour le match des huitièmes de finale. Parmi eux se trouvait un supporter arborant un maillot vintage de Manchester United avec ‘Beckham’ sur le dos, montrant ainsi son dévouement à la cause canadienne. L’atmosphère s’est intensifiée lorsque Wayne Gretzky, autrefois vénéré comme le Grand, est apparu sur les écrans et a été accueilli par une salve de sifflets du public, soulignant des sentiments mitigés à l’égard de ses actions récentes.

Ce moment de sifflets s’est démarqué comme une rare démonstration d’unité parmi les supporters canadiens. En dehors des soupirs et des acclamations occasionnels qui ont suivi le tir en première mi-temps de Tani Oluwaseyi, magistralement arrêté par le gardien marocain Yassine Bounou, le match portait un sentiment d’inévitabilité. Une fois qu’Azzedine Ounahi a marqué seulement cinq minutes après le début de la seconde mi-temps, l’enthousiasme a diminué. L’absence du joueur vedette Alphonso Davies a réduit tout espoir, et lorsque le coup de sifflet final a retenti, les réactions étaient atténuées. Quelques clients ont applaudi doucement, mais il n’y avait ni colère ni reproches dirigés vers l’équipe. Le bar, autrefois vibrant, s’est rapidement vidé, laissant un silence pesant dans son sillage.

Au cours de la semaine, le match canadien—un match à élimination directe très attendu de la Coupe du Monde—était éclipsé par une narration footballistique plus captivante. Une nation concurrente a littéralement arrêté la circulation.

L’arrivée de l’équipe portugaise à Toronto avant son match palpitant des 32es de finale contre la Croatie a suscité une immense ferveur parmi les fans locaux. Alors que des centaines de supporters s’arrêtaient sur l’autoroute pour apercevoir le bus de l’équipe, la police a été contrainte de fermer une partie de la route, provoquant d’importants retards. Cette frénésie était insignifiante par rapport aux foules de fans qui campaient pour assister aux séances d’entraînement ou participer aux événements du centre-ville. Pendant trois jours consécutifs, des supporters se sont rassemblés devant l’hôtel de l’équipe, où Cristiano Ronaldo saluait des fans admirateurs depuis un balcon, rappelant Eva Peron à la Casa Rosada. La couverture médiatique a alimenté l’excitation, détaillant les choix culinaires de la famille de Ronaldo. Lorsque le Portugal est parti samedi, les fans se sont massés en grand nombre pour leur faire leurs adieux, une femme exprimant sa joie d’apercevoir l’arrière de la tête de Ronaldo.

« En sortant du bus, nous avons vu l’arrière de sa tête et son sac à dos, » a-t-elle déclaré. « C’est incroyable, c’est une occasion unique dans une vie. »

Portugal fans took over the streets of Toronto before their team’s match against Croatia

En réfléchissant à l’évolution du football canadien dans cette Coupe du Monde, il est évident que le pays a du mal à susciter le même niveau de ferveur. Des célébrations ont éclaté après le premier but de Cyle Larin lors du match nul de la phase de groupes contre la Bosnie-Herzégovine, et il y avait une étrange, mais joyeuse, excitation lors d’une victoire 6-0 contre le Qatar. Le but décisif de Stephen Eustáquio contre l’Afrique du Sud a également suscité de l’émotion. Cependant, ces moments ne pouvaient se comparer à l’enthousiasme montré par les supporters du Portugal ou aux réjouissances des fans égyptiens à Vancouver après leur victoire sur la Nouvelle-Zélande. Avec une telle passion entourant d’autres nations, la question demeure : pourquoi est-il difficile pour le Canada de créer de l’excitation, même en tant que coorganisateurs de la Coupe du Monde ?

Typiquement, la culture canadienne est caractérisée par une ligne fine entre enthousiasme et excès. Après la victoire historique du Canada contre le Qatar—sa première victoire en Coupe du Monde masculine—Jesse Marsch a fait l’objet de critiques pour ses célébrations jubilatoires. L’approche prédominante tend à être réservée et pragmatique. Pourtant, avec l’état actuel du football canadien, ce n’est pas le moment d’être timide.

Le Canada a joué un rôle secondaire dans cette Coupe du Monde. Bien que son nom soit affiché en évidence, ils n’ont pas assuré les matchs les plus attrayants, malgré des investissements considérables. Néanmoins, ils ont fait des progrès, gagné en reconnaissance et produit des moments mémorables. Cependant, des préoccupations majeures subsistent : quel avenir ? Les sièges temporaires au Toronto Stadium seront bientôt démontés, et à Vancouver, l’attention se tournera vers l’avenir du club professionnel masculin de la ville. Des questions demeurent sur l’avenir du CF Montréal et la durabilité de la ligue professionnelle masculine nationale. Le besoin d’investissement et d’infrastructure reste crucial. Pourtant, même au milieu de l’excitation de l’été et de la Coupe du Monde, beaucoup restent dans l’incertitude, adoptant une attitude d’attente.

L’histoire du football canadien est marquée par des occasions manquées et des opportunités perdues. L’espoir est que cette Coupe du Monde ne devienne pas juste un autre chapitre de potentiel inachevé.

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